Dans les archives de … la famille Patfoort

Impossible de manquer la façade soignée de l’entreprise agricole Patfoort en entrant dans Alveringem, au cœur du Westhoek. Ici, les gens continuent de l’appeler « ‘t Korenhof », en référence à sa longue histoire. Et il est vrai que l’entreprise a déjà roulé sa bosse. C’est en 1955 que Cyriel Patfoort commence à offrir ses service avec une première batteuse, une Petermann-Werke allemande. Bien vite, deux autres machines viennent grossir le parc, dont l’une est utilisée pour battre la semence de trèfle.

On est toujours en 1955 quand apparaît le premier tracteur de la firme, un Lanz Bulldog. L’année suivante, deux tracteurs 6 cylindres arrivent à leur tour. Il s’agit d’un Case et d’un Deutz convertis. Ils ont été acheté chez Vandecasteele à Gijverinkhove, près d’Alveringem. Comme Vandezande, cette entreprise s’était spécialisée dans la transformation de tracteurs agricoles.

L’entreprise agricole accomplissait à l’époque toutes sortes de travaux. Sa première spécialisation, dans le droit fil du battage stationnaire, allait être la moisson. La première moissonneuse-batteuse datant de 1957 était une Massey Harris 890. En 1958, une Claas un peu spéciale équipé d’une presse à balles portée arrivait en renfort. En 1960, Patfoort faisait l’acquisition de sa première Clayson M103. Jusqu’en 1989, les six machines jaunes allaient jouir du monopole ici. Puis le vert était mis à partir 1989, quand la flotte saluait l’arrivée de quatre moissonneuses-batteuses Deutz-Fahr.

Entre-temps, l’entreprise avait été parmi les premières à s’essayer à l’ensilage du maïs, avec l’achat d’une New Holland Crop Chopper en 1967. Une ensileuse monorang Eberhardt lui succédait en 1969. La première deux rangs, une New Holland 717, arrivait quant à elle en 1970. En 1975, c’était la révolution dans l’ensilage avec l’apparition de la première automotrice. Depuis cette première Claas SF-60, les ensileuses Claas sont devenues absolument incontournables ici.

L’entreprise effectuait également la récolte du lin depuis 1960, et ce n’est que l’année dernière que la dernière des neuf récolteuses a disparu. À partir de 1967, l’arrachage des pommes de terre devenait une autre spécialité de Patfoort. La firme a toujours été fidèle à Dewulf jusqu’à l’arrêt des travaux d’arrachage en 1989.

Il faut également mentionner l’arrachage des betteraves. La première arracheuse à prendre du service était une Stoll, en 1965. Dès 1970, pas moins de 5 arracheuses tournaient dans l’entreprise, puisque trois Stoll et une Schmotzer étaient venues grossir les rangs. Mais la machine la plus remarquable était toutefois le porte-outils Eicher équipé d’une arracheuse Stoll. Cette arracheuse précédait les monorangs essentiellement pour arracher sur les contours des champs et traverser les parcelles. On évitait ainsi énormément de travail manuel. La Stoll pouvait être démontée, et un déchaumeur était alors placé sous le tracteur. Cet engin a vraiment abattu un travail de titan ici. Reste que cette machine refroidie par air n’était pas vraiment l’amie des chevaux des agriculteurs. Lorsqu’il fallait décharger la trémie dans un tombereau hippomobile, il arrivait qu’un cheval s’emballe s’il n’était pas bien tenu.

La première arracheuse à six rangs arrivait en 1972. Cette Herriau AM-6 allait rester en service jusqu’en 2001. Au cours des dernières saisons, elle servait essentiellement à arracher des betteraves fourragères. L’arrachage des betteraves sucrières, quant à lui, était effectué depuis longtemps déjà avec des tracteurs et des arracheuses chargeuses automotrices Gilles.

Eddy, le fils de Cyriel, est à la barre de l’entreprise depuis 1983. Une division gestion des espaces verts a été créée en 2003. Depuis, le petit-fils Laurens travaille lui aussi dans l’entreprise. Il a même créé en 2011 sa propre entreprise appelée AlverGreen. Cette dernière est spécialisée dans la pressage et le négoce de préfané et de paille. L’avenir des deux entreprises est ainsi assuré.

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