Rétrospective: Aerts Rapide: 60 années de passion pour les charrues

En 1958, Maurice Aerts commençait la production de charrues dans les écuries reconverties en forge de l’entreprise familiale de Sint-Lievens-Esse, en Flandre Orientale. Aerts a eu beaucoup de renommée avec ses arracheuses de chicons brevetées au cours des années 70. Maurice Aerts entrera toutefois dans l’histoire en tant que pionnier de la charrue Vario qu’il a introduit en 1983. Aujourd’hui, Aerts Rapide, siégeant à Ophasselt, est géré par son fils Jan et son petit-fils Tim, tous deux engagés à 100% dans l’avenir de l’entreprise familiale à la vue particulière sur les charrues.

Maurice Aerts venait d’une famille d’agriculteurs avec 9 enfants. Quand il était jeune, il a appris à travailler à la charrue d’un ami écuyer et particulièrement comment régler une charrue en fonction de la parcelle, car quand on laboure avec un cheval on voit immédiatement l’effet d’un réglage profond, large ou erroné. « Quand papa avait 16 ans, on commençait le travail à la charrue en eta avec l’arrivée d’un Ferguson TE20 à moteur diesel. Grâce à un contrôle de profondeur fonctionnant à merveille pour son époque du Ferguson, son amour et son intérêt pour le labourage n’ont fait que grandir. Avec cette combinaison, il a pris beaucoup d’expérience. Petit à petit, il a adapté les rasettes, les pointes de socs et la plaque d’usure des coutres contre sep pour un meilleur résultat. C’est pendant cette période que les fondations ont été posées pour la forme spécifique de la contre sep symétrique qui est non seulement intégrée dans notre logo d’entreprise mais toujours utilisée à ce jour », explique Jan.

Labourer le dernier sillon et arracheuses de chicons
Le réglage de profondeur automatique du tracteur Ferguson a inspiré Maurice à développer une charrue réversible utilisant la puissance de traction de façon optimale et bien en équilibre. Les rasettes symétriques brevetées ainsi que le système ingénieux mais simple pour le labourage du dernier sillon sur les charrues à une seule et à deux corps a assure une excellente réputation et une clientèle fidèle dans les années 60. Maurice Aerts, devenu distributeur John Deere, produisait ses charrues dans les couleurs vertes. Ceci a changé lorsqu’il passait vers Massey Ferguson en 1969. La culture de chicons connaissant un boom à l’époque, Maurice recevait la demande de construire une arracheuse de chicons.

Après trois ans d’expérimentation, Maurice développait une arracheuse construit autour du tracteur et formant ainsi une combinaison automotrice. « Notre arracheuse était la seule à ne pas rester coincée dans la boue pendant l’automne historiquement humide de 1974. Le concept était tellement innovant que la station d’études de Gembloux et même une entreprise de Beauvais, en France, on acheté une arracheuse. Nous avons reçu plusieurs brevets en Belgique pour notre arracheuse, tant dans les Pays-Bas qu’en France. Suite au succès des arracheuses de chicons, le développement de nouvelles charrues a été suspendu pendant un temps », explique Jan.

 

Charrue Vario d’Aerts Rapide
Au début des années 80, période de crise pour la culture de chicons et de popularité pour les charrues à trois corps, Maurice entamait la conception d’une nouvelle construction de charrue.

« Pour grand-père, un bon labourage et développer une bonne charrue ne s’apprend pas dans un livre. C’est pour cela qu’il a commencé à expérimenter avec plusieurs versoirs et à filmer le travail. Les images étaient étudiées et utilisées pour adapter la construction. Cela a donné la première charrue à trois corps, l’Aerts Vario, en 1983 », explique Tim.

La charrue Aerts Vario partait d’une construction en parallélogramme, ce qui permettait de régler les corps en position plus étroite ou plus large et de labourer le dernier sillon. Grâce au réglage variable de la largeur de coupe à commande hydraulique et au concept du versoir miracle – un versoir court placé transversalement sur le cadre – il était possible d’utiliser la même charrue pour plusieurs types de labourage et dans des conditions changeantes.

« Le premier client pour une charrue à trois corps Vario était un agriculteur de Brakel. Dans cette région-là, on pouvait rencontrer trois types de sol différents sur une seule parcelle. Le client était non seulement enthousiaste de pouvoir régler la largeur entre 28 et 62 cm et sans échelons depuis le tracteur selon le type de sol, mais aussi de pouvoir labourer le dernier sillon facilement et proprement. Le fait qu’il était possible de labourer un sillon incurvé ou de labourer à côté de fossés ou de clôtures de façon très précise grâce à l’absence de cadre ou de roue de support était un beau plus », se souvient Jan.

Les sceptiques ne voyaient pas de futur pour la charrue Vario. Pour eux, il ne s’agissait que d’une charrue permettant de labourer des sillon incurvés. De plus, la construction était trop chère. Le succès foudroyant de la charrue a cependant prouvé qu’ils avaient tort.

Construction unique
C’est à cette époque-là que l’intérêt pour les engrais verts, comme l’ivraie, augmentait. Il y avait toutefois un grand problème. Il manquait la connaissance nécessaire pour enfouir ces engrais verts proprement. « Papa a adapté les rasettes, créé un lamier avec plus d’espace ainsi qu’une tête de labourage plus large et déplacé les versoirs vers le côté non labouré du chassis. Cette dernière précaution était pour éviter des obstructions. Le résultat était une large charrue avec une bonne répartition de poids pouvant assumer le labourage de parcelles de maïs recolté. En 1982, l’entreprise avait obtenu l’emplacement de l’ancienne usine Rapide d’Ophasselt. Rapide construisait des moulins à betteraves et à navets et des machines à laver. Maurice Aerts a on seulement acheté les terrains et les bâtiments, mais aussi repris le nom de marque Rapide. Depuis, toutes les charrues Aerts reçoivent le suffixe Rapide.

Pas de roue de profondeur
Le corps de la charrue Aerts se trouvant de l’autre côté par rapport aux charrues de collègues, du côté de la terre labourée, le poids est réparti de façon différente. Le poids étant réparti sur les points charnière, plus besoin de roue de profondeur ou de support, même chez une charrue à six corps. De plus, la combinaison idéale entre réglage de profondeur et contrôle de puissance de traction fait que le poids de la charrue est transformée en puissance de traction. « Une roue de profondeur est un poids supplémentaire lors du soulèvement du sillon », explique Jan.

La gamme de charrues Vario d’Aerts comprend des charrues à trois corps, à six corps, entièrement portées et sans roue de support. Les clients peuvent choisir entre cinq têtes différentes selon la puissance du tracteur et le travail à effectuer.

Tim, actif à l’entreprise depuis 2012, a un œil pour la diversification et donne un nouvel élan à l’entreprise familiale, continuant le projet commencé par Maurice Aerts.

Aerts Rapide importe la marque française Religieux Frères, spécialisée dans les machines de travail du sol, depuis 2017. « La gamme, mais aussi la philosophie d’entreprise de Religieux Frères, situé dans le nord de la France, s’accordent parfaitement à notre entreprise. Il y a beaucoup de similarités entre les entreprises. C’est une entreprise familiale, comme la nôtre, et les machines se distinguent de celles de la concurrence, comme les nôtres. De plus, le propriétaire, tout comme mon père et mon grand-père, est très impliqué dans le développement de produits », conclut Tim.

Texte: Jan Ebinger Images : Jan Ebinger & Aerts Rapide

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