Entreprise agricole en images: Loon- en grondwerken Frankie Van Ryckegem (Lokeren)

La récolte du maïs touche à sa fin et le calme revient peu à peu. Ce n’est pas pour autant que le travail manque chez Van Ryckegem, à Lokeren. La plupart des machines ont à présent besoin d’un nettoyage et d’un entretien minutieux, tandis que les travaux de terrassement reprennent leur rythme normal. Pour Frankie, travailler avec la pelle hydraulique est un peu une récréation.

Incendies

Il y a exactement 35 ans, le chemin des frères Wilfried et Paul Van Ryckegem se séparait quand ils créaient chacun de son côté leur entreprise de travaux agricoles. C’était en 1984. Paul et son épouse Georgette commençaient avec une moissonneuse-batteuse Laverda, deux tracteurs Fiat 1300, une ensileuse et une Field Queen qu’ils remplaçaient immédiatement par une nouvelle ensileuse à trémie Hesston. Pour augmenter le rendement, ils faisaient bientôt l’acquisition d’une deuxième ensileuse Ova. Une fois ses études terminées en 1987, leur fils Frankie devait d’abord accomplir son service militaire. Fort heureusement, il bénéficiait de six semaines de congé pour donner un coup de main lors de la récolte du maïs. Une fois démobilisé, il rejoignait sans tarder le giron de l’entreprise.

 

L’année 1992 était à marquer d’une pierre blanche. Le jeune Van Ryckegem épousait Sabien et se lançait lui-même dans l’ensilage avec une toute nouvelle Fiat 2405 à bec Kemper 6 rangs. Avant cela, il n’avait travaillé qu’avec une machine à trémie. Mais sa première parcelle était un bloc de sept hectares : la surface idéale pour se familiariser avec l’engin. De son côté, Paul était resté fidèle à la Hesston, sa machine préférée. Malheureusement, celle-ci allait prendre feu quelques années plus tard. En 2008, l’entreprise allait d’ailleurs voir une moissonneuse-batteuse CX 780 d’à peine trois ans partir en fumée à son tour. « Un flexible avait sauté sur le turbo, se souvient Frankie. Nous n’avons pas eu d’autre choix que d’investir à nouveau. Ce fut difficile à digérer. Je venais de reprendre l’entreprise des parents. Mon père n’a pas pu profiter longtemps de sa retraite. Il est décédé en 2012, mais j’ai eu la chance de pouvoir travailler avec lui pendant 20 ans. »

Ce sont des balles rondes qui sont confectionnées ici, mais Frankie possède également une presse haute densité NH pour faire des balles carrées.

 

« Tout changer en dix ans »

En reprenant l’entreprise en 2008, Frankie avait un seul objectif : rénover entièrement le parc de machines en une décennie. Et il y est arrivé. Seules la minipelle, l’excavatrice à pneus et celle à chenilles n’ont pas encore été remplacées. « J’aimerais les remplacer toutes les trois en même temps, et je commence à me renseigner à gauche et à droite. » Pour les travaux agricoles, Van Ryckegem utilise six tracteurs : trois New Holland et trois Massey Ferguson. « Nous collaborons avec deux concessionnaires qui nous offrent un service irréprochable. Les MF développent tous 250 cv, ils sont économiques et offrent une puissance de traction élevée à bas régime. Mais les tracteurs NH tirent pas mal leur épingle du jeu aussi. Le constructeur offre d’ailleurs des conditions de garantie intéressantes. » Au bout de six à sept ans, nos tracteurs ont environ 12.000 heures au compteur, et il est alors temps de penser à les remplacer. Il y a encore un Landini cabrio, un minitracteur de 40 cv. Avec sa herse rotative, son tombereau et son pulvérisateur, c’est encore lui le plus rentable. « Il réalise généralement des petits boulots chez des particuliers qui se montrent extrêmement satisfaits du résultat. Leurs réactions positives me procurent une grande satisfaction. C’est cela qui me pousse à continuer. »

Frankie n’en laisse pas échapper un épi.

« Mon excavatrice, c’est ma récréation »

Outre les travaux agricoles, Frankie est aussi régulièrement actif dans le terrassement. Une de ses spécialisés est l’installation de mini-stations d’épuration d’eau chez les particuliers qui ne sont pas raccordés à l’égout. Depuis des années déjà, il collabore avec une société qui propose ce type d’installations. Quand il n’est pas trop loin de la maison, il fait un saut le midi chez sa maman Georgette, où un plantureux menu l’attend à chaque fois.

Depuis 2015, notre homme possède aussi un M.A.N. 8×8. « Un achat que je n’ai pas encore regretté une seconde. Je profite chaque jour du confort qu’il offre. Pour les travaux de terrassement, nous utilisons un conteneur que nous déplaçons avec un bras à crochet. Quant à la pelle hydraulique, nous la transportons sur une remorque surbaissée. Un système de dépose nous permet aussi de charger une benne Fliegl de 40 mètres cubes pour transporter du foin ou du maïs. L’entreprise bénéficie d’une exonération de tachygraphe pour le transport de produits sylvicoles et agricoles. Je ne comprends pas que plus d’entreprises de terrassement et de travaux agricoles n’optent pas pour cette combinaison. » 

Paul Van Ryckegem, créateur et pendant longtemps âme de l’entreprise.

Libérer du temps pour labourer

Frankie a récemment acheté une épandeuse Dezeure de seize tonnes qui est incroyablement demandée. « Elle est en fait trop petite, mais je n’aime pas passer avec des véhicules trop lourds dans les champs. » Le chargement est effectué avec un chariot télescopique NH. Le labour est aussi une activité que Frankie adore. C’est le tout premier travail que son père lui a appris. Au fil des ans, la charrue à cinq socs s’est considérablement agrandie. Une fois les labours terminés, il est temps de passer aux semis. L’entreprise utilise pour cela des semoirs 8 rangs Kuhn et Amazone. On peut ajouter de l’azote liquide et des engrais en granulés avec le Kuhn, ou des engrais normaux avec l’Amazone. « Nous ne faisons pas de semis au GPS car cela coûte trop cher. Je préfère relever les deux éléments semeurs extérieurs, ce qui permet aussi de fournir un travail soigné. »

L’ensilage de plantes entières gagne du terrain.

L’entreprise Van Ryckegem coupe actuellement les dernières parcelles d’herbe d’automne. Pour le fauchage, les agriculteurs font régulièrement appel à elle. Le moment est alors venu pour Frankie de sortir sa faucheuse Claas. Il envisage cependant d’acheter une faucheuse frontale afin de pouvoir porter la largeur de travail à six mètres. Toutes les options sont possibles pour l’ensilage. Avec une benne polyvalente Claas, Frankoir ramasse l’herbe, mais il pourrait aussi bien la broyer ou la presser. En 1997, il fut un des premiers à acheter une presse haute densité avec enrubanneuse Aujourd’hui, il possède une NH et une McHale. Elles sont redoutablement efficaces pour le préfané et leurs doubles noueurs constituent un véritable plus. Il y a aussi un combiné presse-enrubanneuse de Claas pour réaliser des balles rondes. Dans le prolongement de la récolte de fourrage brut, l’entrepreneur agricole broie chaque année de plus en plus de plantes entières. S’il utilisait auparavant un bec Kemper pour cela, il monte aujourd’hui un cueilleur Geringhoff sur le Jaguar 950 grâce à un raccord intermédiaire. Perfectionniste, Frankie aime utiliser le système de télégonflage des pneumatiques. Les pneus avant peuvent être commandés séparément afin que le cueilleur soit parallèle au sol.   

Outre l’outil frontal Geringhoff, le Jaguar peut aussi être équipé d’un cueilleur à maïs pour ensiler les épis de maïs.

Plus de cacophonie de couleurs

Avec Ova, Dezeure et Dewa, la flotte de transport arborait jusqu’à présent toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. En 2012, Van Ryckegem a acheté une 3 essieux Fliegl d’occasion. Le châssis est entraîné et de marque Dewa. La benne offre un volume de 45 mètres cubes et est équipée d’un rouleau répartiteur. Le hayon arrière peut être remplacé par une version à vis sans fin de déchargement. Cela permet de convertir la benne en gigantesque transbordeur, une solution pratique pendant les moissons. « La couleur grise du Fliegl et du camion m’a plu. Et les deux Dezeure qui ont suivi ont également pris une couleur grise unique et élégante. Nous montons une épandeuse large sur un des deux châssis. »

Telematics

En septembre, le Lokerenois a pris possession d’un nouveau bec Kemper de 10 rangs avec de grands soleils pour pouvoir faucher avec précision pendant la moisson. L’ensileuse est conduite par un chauffeur qui quitte la machine pour ramasser les épis et tiges de maïs lorsqu’il n’y a pas de camion. Frankie comble les silos avec la herse rotative. La moisson se fait avec une Claas Lexion 760 Terra Trac, qui ne connaît plus les problèmes rencontrés jadis sur les chenilles triangulaires. Les deux moissonneuses sont équipées de Telematics,  le logiciel de Claas qui enregistre tout. Anke, la fille de Frankie, adore ce joujou qui lui permet de savoir à tout moment où se trouve son père. Le mesurage des surfaces a permis d’amortir rapidement l’investissement. Le logiciel permet également de suivre de près la consommation d’AdBlue et de carburant. Tant Anke qu’Anouk participent chaque année pendant une journée à la campagne du maïs. Et papa en profite au moins autant que ses filles.

Le hayon arrière de la benne Fliegl peut être remplacé par un modèle à vis sans fin.

Profil de l’entreprise

Nous avons suivi pendant un an Frankie Van Ryckegem (50), entrepreneur en travaux agricoles et de terrassement à Lokeren. Taiseux, l’homme est aussi perfectionniste dans tout ce qu’il fait. Sa clientèle est essentiellement composée de fidèles à Lokeren et dans les communes voisines. Pour les travaux de terrassement, Frankie se déplace même jusqu’à Meise. Lorsqu’un client appelle, Van Ryckegem note tout dans son agenda. L’entrepreneur agricole a la réputation d’être ponctuel et correct. « J’offre à mes clients une garantie de qualité. Je n’ai qu’une parole, et je n’ai pas besoin d’un papier. »

Le dimanche matin, Frankie est aidé par son épouse Sabien (51). Enseignante, celle-ci donne de temps en temps un coup de main dans l’administration. L’entreprise possède aussi un ouvrier à temps plein qui conduit les tracteurs mais est aussi un excellent mécanicien. Pour les récoltes, des saisonniers habitués sont embauchés. Pour le reste, notre entrepreneur est entouré de ses dames. Ses filles Anke (25) et Anouk (21) aident papa à s’y retrouver à l’ère du numérique, tandis que sa maman Georgette (73) nettoie encore l’ensileuse au nettoyeur haute pression ou se déplace pour aller chercher des pièces détachées. Elle continue ainsi d’apporter sa pierre à l’entreprise qu’elle a fait grandir avec Paul, son mari.

Frankie entouré de ses dames Sabien, Anke et Anouk.

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