Plus de rappui pour un résultat de semis irréprochable

Comment placer la graine de la bonne façon dans le lit de semis pour offrir au cultivateur une levée parfaitement uniforme de sa récolte ? C’est la question qui occupe presque chaque jour les spécialistes de Kramer BV. Ces derniers étudient continuellement les développements futurs : techniques de caméra, semis en ruban, moins de rangs par lit, semis variable et réglages variables de la profondeur. Le Kramer ProSeeder est toujours adapté aux souhaits individuels et aux conditions. Cela veut dire que toutes les machines qui quittent la ligne d’assemblage de Bant, aux Pays-Bas, sont différentes. Elles sont toutes nées de la célèbre philosophie de Kramer. « Plus la graine est rappuyée, plus le résultat est réussi. »

« Souvent, la réponse à la demande d’un cultivateur individuel confronté à un problème sur le terrain ne vient pas de l’usine. Et c’est précisément notre force », explique Leon van der Wekken, copropriétaire de Kramer BV, en regardant par-dessus l’épaule de son prédécesseur Thijs Kramer. Ce dernier effectue une démonstration du principe d’un semoir continu en cours de mise au point pour une machine expérimentale destinée au spécialiste des graines d’oignons De Groot en Slot. La graine est aspirée vers le disque. La technique d’aspiration et l’enrobage évitent tout mélange des graines avant qu’elles ne soient déposées au bon endroit grâce à la technologie GPS. « Nous en sommes encore au stade de l’expérimentation, mais toutes nos technologies sont en fait réunies dans cette machine. Nous optons délibérément pour l’aspiration plutôt que pour un compresseur car nous ne voulons pas que la graine soit exposée à de l’humidité. L’entraînement est électrique. Nous savons désormais parfaitement comment la technologie de caméra doit être utilisée. Nous avons même des machines qui réalisent 36 images à la fois. Notre machine la plus large mesurait neuf mètres et possédait trente éléments », explique Kramer.

On retrouve aussi le perfectionnisme nécessaire pour cultiver des légumes comme des carottes, oignons, betteraves rouges, chicons et autres récoltes à semences fines dans les semoirs Kramer Proseeder. « L’important, finalement, est que la récolte prenne bien. Depuis huit ans, nous avons un slogan pour cela : The Perfect Start », explique Van der Wekken. La machine est basée sur un semoir Maschio Gaspardo arrivant semi-fini à Bant. Là, chaque machine est adaptée aux souhaits du cultivateur néerlandais

« Nous commençons là où l’usine s’arrête »

Cette spécialisation dans les semoirs pour légumes est née d’un hobby de Thijs Kramer. D’abord en tant qu’importateur de la marque française Nodet Gougis. Racheté par Kuhn, ce constructeur a toutefois arrêté sa ligne de production, forçant Kramer à rechercher un autre semoir. Ce qui a finalement été chose faite chez Maschio Gaspardo. « Parce que nous pouvions livrer directement au départ usine », se souvient Thijs Kramer. « Au bout du compte, nous en avons fait notre spécialité. Nous commençons là où l’usine s’arrête. Un semoir à légumes est souvent considéré comme une des 25 variantes d’un semoir. C’est précisément ici que réside notre force. Nous intervenons quand le constructeur ou l’entreprise de mécanisation n’a pas de solution à offrir au problème rencontré par un cultivateur sur le terrain. Nous ne faisons rien d’autre que des semoirs à légumes. »

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On peut dire que le tournant de l’évolution de Kramer BV s’est produit sur un champ d’expérimentation de Potato Europe, la manifestation pour la culture de la pomme de terre organisée en 2000 à Emmeloord. Van der Wekken : « Chacun pouvait y semer dans de mauvaises conditions. Et le meilleur résultat avait été obtenu avec des machines présentant un poids spécifique élevé. Cela nous a fait réfléchir. L’important est donc que la semence soit suffisamment bien enfoncée quand elle est placée dans le sol. C’est de là qu’est née l’idée de masses de roues. Ces dernières rappuient la semence sol et se déplacent indépendamment du parallèlogramme. C’est ce qui nous différencie. Ce n’est évidemment pas de la technologie aérospatiale, mais c’est ce qui importe au bout du compte. Il faut rappuyer la semence dans le sol avec un poids toujours uniforme, de sorte qu’elle se retrouve au bon endroit, absorbe l’humidité ambiante et puisse germer. »

Des skis pour rappuyer la semence et aplanir le terrain
L’entreprise agricole Vedelaar de Nagele utilise une Kramer Proseerder affichant une largeur de travail de 2,25 mètres pour trois lits. « Nous semons avec cinq éléments par lit. Et deux rangs par lit », explique Joop Vedelaar. Le semoir à oignons ne passe pas inaperçu en raison de la présence de « skis » devant et arrière l’élément semeur. Ces derniers aplanissent le terrain et compriment la semence. « Aucun autre constructeur n’équipe ses semoirs de skis de ce type. L’élément passe plus doucement et aplanit les terrains lourds comme légers. Nous avons été un des premiers à faire l’acquisition d’un semoir de ce type. Dans un premier temps, nous avons utilisé les skis pour semer des chicons. L’expérience s’étant avérée concluante, nous avons fait construire une machine identique pour les oignons chez Kramer. Nous ne l’avons jamais regretté », assure Joop Vedelaar. L’entreprise agricole sème entre 160 et 170 hectares d’oignons par saison. Vedelaar ne voudrait plus d’autre méthode pour ses semis. « Le réglage électronique constitue vraiment un avantage. Comme l’unité de semis peut parfois différer d’un rang à l’autre, nous sommes en mesure de travailler relativement vite. Nous semons aussi des oignons rouges et jaunes pour certains clients Et le réglage électronique nous permet de changer rapidement l’interrang. La rotation à vide et la prérotation sont très simples elles aussi. » Vedelaar apprécie également le fonctionnement électronique. « Avec des chaînes, il fallait beaucoup nettoyer et l’on constatait que la motivation baisse avec le temps. Je suis en tout cas heureux de ne plus devoir le faire. » Actuellement, le semoir de Vedelaar est retourné à l’atelier de Kramer à Bant. « Des améliorations électroniques sont apportées. Et un éclairage LED monté dans les trémies. Cela nous permettra de voir, même quand il fait noir, la quantité de semences restant dans les trémies. Les skis de compression sont eux aussi élargis. Kramer ne se prive pas d’améliorer tout ce qui peut être perfectionné. Et l’étape suivante pourrait être l’adjonction de granulés sur la base de cartes de modulation. La machine est en tout cas prête. »

KRAMER BV
Chaque machine qui quitte les ateliers de Kramer à Brant est différente.
Le secret du concept éprouvé de Kramer ? Avant tout la roue de compression.
Ancien propriétaire, Thijs Kramer fait une démonstration du semoir continu.

Machines uniques

Kramer allonge les socs, grâce à quoi la terre soulevée ne retombe sur la semence qu’une fois cette dernière rappuyée par la roue de compression. Cette roue peut être réalisée en acier ou en plastique. Des broches permettent une bonne répartition de la semence sur le soc. La partie avant du soc peut être équipée au choix de trois préouvertures de 8, 15 ou 25 mm pour déposer la semence à la bonne profondeur dans le petit sillon. Le distributeur se décline en plusieurs variantes, ce qui permet d’utiliser les bons composants pour chaque méthode de semis. Tous les éléments sont réalisés sur mesure.

« Les méthodes utilisées pour semer ont bien évolué. On peut exclure beaucoup de problèmes. Car il faut éviter de se tromper. C’est pour cela que nous avons imaginé un entraînement électrique, qui permet d’augmenter la vitesse de rotation en cas de pépin. L’étape suivante consiste à compter les semences, de façon à pouvoir les déposer avec d’autres écartements. L’ensemble est suivi par des caméras, de sorte que le machiniste ne doit pas descendre de son tracteur en semant. C’est également plus sûr.  Nous avons reçu cette demande pour la première fois il y a une dizaine d’années. Depuis, nous équipons nos semoirs de caméras », explique Van der Wekken. « Surtout pour semer des oignons, une opération pour laquelle l’entrepreneur agricole devait souvent mobiliser deux hommes. Ces derniers prenaient place à l’arrière de la machine pour vérifier si un disque était vide. Le but de la caméra était d’identifier les graines absentes ou les doubles en cabine. Nous avons commencé avec quatre rangs. Aujourd’hui, nous préparons dans notre atelier un semoir réalisant 33 images pour un cultivateur de radis allemand. Elles sont envoyées vers l’ordinateur. Il suffit de cliquer sur une image pour voir exactement ce qui se passe au niveau du disque. En théorie, on pourrait aussi monter à l’arrière de la machine des caméras qui surveillent tout. »

La machine Kramer BV la plus large fait 9 mètres et est utilisée en Zélande. « Ce maraîcher sème avec un tracteur à chenilles. Un autre producteur a opté pour Kramer parce qu’il sème des semences très chères, comme des asperges ou des poireaux. Dans ce cas, il est vraiment crucial d’avoir un excellent semis. » Le cultivateur de radis allemand utilisant une machine à 33 rangs est également une référence dont on est très fier à Bant. « Il recherche lui aussi un résultat uniforme. La levée doit être impeccable. »

Un produit meilleur et plus uniforme

Van der Wekken constate aujourd’hui que les connaissances des agriculteurs et des entrepreneurs agricoles augmentent. On travaille désormais avec le GPS et avec des scans du sol. « Tout ce qui manque encore, c’est une exploitation correcte des données. Comment utiliser les données du terrain pour arriver au bout du compte à un produit meilleur et plus uniforme ? Quand on développe un semoir, il faut réfléchir lors de l’étape suivante à un réglage automatique de la profondeur, électrique et commandé avec des cartes de modulation. A quels endroits faut-il semer plus ou moins densément ? » Van der Wekken sait que certains cultivateurs sèment déjà délibérément de façon parcimonieuse. “En passant de 3,6 à 3,2 unités, on réalise une économie. A d’autres d’endroits, il peut être indiqué de semer plus densément pour obtenir un rendement plus élevé. Et pourquoi semons-nous toujours cinq rangs sur un lit ? En relevant l’élément central, vous donnez plus d’espace aux semences. Chacun sait que c’est sur les bords que poussent les plus gros oignons.

Kramer BV a également participé à un essai de semis en ruban. Même si cette évolution est encore au stade expérimental, elle constitue l’avenir, assure Van der Wekken. « Il est dommage que les premiers essais réalisés à Nagele n’aient pas donné les résultats escomptés, mais nous avons également vu que le chicorée combinée à une réduction ou une suppression de l’arrosage pouvait donner de bons résultats. L’autre avantage est que le papier réduit les mauvaises herbes. C’est une donnée cruciale, surtout pour l’agriculture bio. Même si la technique n’est peut-être pas encore mûre, nous allons y venir dans la décennie qui arrive. »

L’entreprise du Noordoostpolder va en tout cas continuer à réaliser des solutions sur mesure pour les maraîchers. Ce qui est automatiquement synonyme de travail de pionnier et d’innovation. « Profondeur de semis, écartement de semis, quantité de semences à l’hectare, nombre de rangs, bons socs, recouvrement du sillon, poids,… Nous aimons réfléchir avec nos clients pour arriver à la bonne solution. »


Texte : Martin de Vries | Illustrations : Klaas Eissens et Martin de Vries